chapitre 11

Ce jeudi tant attendu arriva enfin ! Toute la journée, j’avais vibré d’impatience à l’idée de passer la soirée en tête à tête avec Lazarel. Vu nos échanges de mails, je n’étais pas sûre de pouvoir le regarder en face sans rougir, mais tant pis ! Ces quelques jours sans le voir avaient été atrocement longs !

En quittant le travail, je couru presque jusqu’à mon immeuble. Il fallait que je me fasse un peu jolie ! En atteignant ma rue, il me sembla voir Richard monter dans sa voiture, il était trop loin pour m’entendre et je ne voulais pas perdre une seconde. J’aurais bien l’occasion de lui dire « bonjour » de toute façon, il voyait souvent Edward.

Quatre à quatre, je montai l’escalier jusqu’à notre étage. Je tournai la clé dans la serrure et entrai dans l’appartement.

- Je suis làààààààà !

D’habitude, Edward me répondait avec entrain. Là, rien. Pourtant il me l’aurait dit s’il était sorti…

- Ed’ ? appelai-je un peu inquiète.

La porte de sa chambre était entrouverte, je la poussai et…

- Nom de Dieu ! Edward ! Qu’est-ce qui c’est passé ici ?!

Sa chambre n’était pas en général hyper bien rangée, mais je connaissais son bordel organisé. Là… tout était sens dessus dessous ! Des livres étaient tombés des étagères, le tapis froissé, la lampe et des magasines habituellement sur son bureau gisaient sur le sol. Les couvertures reposaient en tas dans un coin… et Edward était recroquevillé sur lui-même, torse nu, assis sur son lit, les genoux remontés au menton. Des bleus étaient visibles sur ses bras, ainsi que des marques rouges qui donnaient l’impression que des doigts lui avaient serré la peau. Ses cheveux normalement attachés en petite queue de cheval flottaient librement sur ses épaules, en bataille. Et ses yeux marron débordaient de larmes. Je me précipitai vers lui pour le prendre dans mes bras.

- Raconte-moi… Qui a fait ça ?

Il enfouit le nez dans mon cou en s’accrochant désespérément à moi. Il tremblait.

- C’est Richard…

- Tu plaisantes ?! m’exclamai-je.

Mais je me souvins l’avoir vu dans notre rue. Edward renifla :

- Je suis allé chez lui. Ça faisait quatre mois aujourd’hui qu’on était ensemble, alors je voulais aller lui faire une surprise. Mais quand je suis arrivé, il n’était pas tout seul… J’ai eu l’impression de débarquer en plein film porno…Ils étaient trois avec lui, dont une fille, et crois-moi ils ne faisaient pas du tricot…

Sentant ses larmes froides couler sur ma peau, je l’encourageai à continuer en lui caressant les cheveux et en murmurant quelques mots de réconfort sans queue ni tête.

- Evidemment, ils m’ont vu. J’suis pas vraiment arrivé discrètement. Un des mecs a rigolé en me disant de venir les rejoindre. J’ai refusé. Richard a eut l’air de trouver ça très amusant jusqu’au moment où j’ai pété les plombs. Je lui ai dit qu’il n’était qu’un salaud, un menteur… et autres termes que je préfère ne pas te répéter. Puis je me suis tiré.

- Laisse-moi deviner, il est venu ici après ? demandai-je dans un murmure.

Edward hocha la tête. Il recula le visage. Doucement, j’essuyai les sillons humides sur ses joues.

- On s’est disputé. Je voulais qu’il parte, j’ai dit que je voulais casser… Il a accepté mais en disant que j’allais regretter pas mal de choses. Il a clos la conversation en m’entrainant ici… Je me suis débattu, mais il est plus fort que moi.

Il ferma les yeux en murmurant :

- Il a été brutal, quasiment bestial même. Il m’écrasait, ses mains me faisaient mal partout où elles se posaient et… et…

Sa voix se brisa :

- Je ne peux pas l’accuser de viol… j’ai arrêté de me débattre. Bien sûr, j’avais mal, j’ai détesté tout ce qu’il a fait, tout ce qu’il m’a fait faire, mais je n’ai pas cherché à me libérer alors que j’en aurais eu l’occasion une ou deux fois.

Son regard noyé m’adressa un pur appel au secours tandis qu’il achevait :

- Même si j’ai détesté beaucoup de choses et que je ne voudrais pas revivre ça, c’était… intense. Très intense. Au point que… que j’ai eu l’un de mes plus puissants orgasmes, si ce n’est pas le plus puissant… et il continuait encore après ça… ça faisait mal Gypsie, tellement mal… et c’était tellement bon en même temps.

Comme je haïssais Richard à cet instant pour avoir oser blesser mon ami le plus cher. Il l’avait atteint dans sa chair et dans son esprit.

Edward posa son front contre mon épaule, les siennes secouées de sanglots. Je le serrai dans mes bras en le berçant comme un petit enfant.

- Et après ? murmurai-je.

- Après… il m’a regardé, a redit que puisque j’avais dit que c’était fini, ça l’était mais que je regretterai ce choix…. Puis il s’est rhabillé et il est parti. Tu es arrivée même pas cinq minutes après son départ.

Désolée pour lui, je continuai de le garder contre moi. A regret, j’attrapai mon téléphone portable et fit défiler mon répertoire jusqu’au nom de Lazarel. Il décrocha au bout de deux sonneries :

- Tu lis dans mes pensées, j’allais t’appeler pour te dire que je partais pour te chercher.

Je soupirai :

- Désolée, Laz, je vais devoir annuler.

jeudi 27 décembre 2012 19:01 , dans L'Amour est recouvert de Sang (terminée)



1 Fan

Aucun commentaire pour l'article: chapitre 11



Votre commentaire :

(facultatif)

(facultatif)

error

Attention, les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits sur ce site.Si une personne porte plainte, nous utiliserons votre adresse internet (23.20.30.43) pour vous identifier.     



fermer la barre

Vous devez être connecté pour écrire un message à tenshiblood

Vous devez être connecté pour ajouter tenshiblood à vos amis

 
Créer un blog