Deidara leva le nez vers le ciel étoilé. Un flocon de neige tomba sur son nez, il se mit à rire joyeusement. Sasori ne lui accorda que peu d’attention, il remonta son manteau sur ses épaules pour éviter que la neige ne mouille ses articulations. A chaque jour qui passait, Deidara faisait des progrès à l’entraînement. Sasori avait de plus en plus de mal à le prendre par surprise et se retrouvait avec un paquet de pantins à réparer, Deidara ne retenait pas toujours ses petites créations d’argile. A ce rythme-là, il allait devoir sortir l’une de ses marionnettes préférées dès le lendemain, elle devrait donner du fil à retordre au gamin. Ce dernier, en attendant que Sasori récupère toutes ses marionnettes éparpillées dans le bois, roulait déjà une boule de neige pour créer un bonhomme. Deidara s’arrêta soudain. Malgré la couche blanche au sol, il devinait qu’un sentier partait de la petite clairière dans laquelle ils venaient de s’entrainer.
« Sasori Danna ? Où conduit ce chemin ? »
Le rouquin jeta à peine un coup d’œil.
« A une maison abandonnée, gamin. »
Il replia ses parchemins d’invocation et se redressa. Sasori fronça les sourcils en voyant le blond suivre le sentier, d’un air intrigué.
« Gamin ? »
Machinalement, il lui emboita le pas. La migraine de Deidara, qui avait presque disparu depuis à présent quinze jours, revint à la charge à mesure qu’il avançait. Le cœur battant, il fouillait les alentours du regard avec une impression de déjà vu. Enfin, au bout de cinq minutes de dérapage dans la neige glissante, il s’arrêta devant un imposant portail noir. Du plat de la main, il repoussa la neige qui cachait le nom sur le boîte aux lettres.
« Daisuke… » déchiffra-t-il à mi-voix. « Pourquoi la maison est-elle abandonnée ? »
« Ils ont été assassinés… » répondit Sasori dans son dos, sur un ton très prudent. « Il n’y a rien ici, rentrons. »
Entêté, poussé par la curiosité et par une curieuse impression, Deidara poussa la grille rouillée et avança d’un pas décidé vers la porte d’entrée. Celle-ci n’était pas verrouillée, il la poussa sans difficulté, Sasori sur les talons. La poussière accumulée depuis des années dans le hall le fit tousser, il écarquilla les yeux en découvrant la montée d’escalier.
« Non… » souffla-t-il à mi-voix.
Sous les yeux ébahis de Sasori, Deidara monta l’escalier en trombe, comme s’il savait parfaitement où il allait.
Pris par une excitation fiévreuse, il gravit les marches à toute vitesse et ouvrit la première porte à gauche. Ses yeux se posèrent immédiatement sur la cheminée éteinte, envahie par les toiles d’araignées.
Il doit voir maman qui l’attend au coin du feu avec son chocolat chaud.
Il recula légèrement, malgré la poussière, l’humidité et la moisissure, il a l’impression de sentir la chaleur du feu. Sa mère se retourne. Elle sourit en lui tendant un mug d’où s’échappe l’arôme de chocolat chaud. Malgré lui, Deidara fit un pas en avant en tendant la main pour le prendre… Non, ça ne s’était pas passé comme ça…
Maman est par terre, elle ne bouge plus, il y a du sang par terre.
« DEIDARA ! »
Le jeune homme se retourna machinalement avec l’impression de voir la scène défiler devant ses yeux. Son père était là, droit, debout, sérieux, un parchemin d’invocation dans la main.
« PARS ! VITE ! »
Un éclat métallique surgit de l’ombre. Papa porte immédiatement son attention sur elle et bondit pour éviter l’énorme masse qui essaye de l’écraser. La chose attaque à nouveau, Papa esquive les coups mais il n’a pas le temps de riposter.
Instinctivement, Deidara se décala et se retrouva à la place exacte où il s’était trouvé, des années plus tôt, lorsque la queue de Scorpion avait empalé son père.




















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