- J’ai presque envie de te dire que je me suis pris une porte, répliquai-je sèchement en rangeant le dossier d’Alain dans le tiroir de mon bureau.
- Une porte ne te ferait pas un œil au beurre noir… et c’est quoi ce pansement ?
Sa voix était beaucoup plus douce maintenant. Je plaquais mon plus beau sourire sur mes lèvres en le regardant et papillonnais des paupières :
- Ce pansement cache un coup de couteau.
Laz pâlit.
Ah bah enfin, ça c’est une réaction ! C’est pas trop tôt !
- Gypsie… commença-t-il avant de s’interrompre.
Laz s’avança vers moi en secouant la tête. Cette fois il n’était pas en colère mais plutôt inquiet.
Mieux vaut tard que jamais comme on dit.
- Raconte, qu’est-ce que ça veut dire ? Il ya un rapport avec samedi soir ?
- Plutôt ouais. Je suppose que tu as lu les journaux vu que ton image de marque a été tellement touchée, rétorquai en croisant les bras sur la poitrine.
Il fronça les sourcils semblant réfléchir :
- Je ne me souviens pas de tout…
- Un truc sur un certain Tom qui a été mis en prison, ça te dit quelque chose ?
Laz se pinça l’arrête du nez. Je voyais presque les rouages de son cerveau tourner, en train d’essayer de se rappeler. Soudain il vira au blême le plus total. Ses beaux yeux me fixèrent alors avec une pure horreur, il murmura :
- La fille qui a été violée, c’est toi ?
- Bah ouais.
Lazarel me regarda avec stupéfaction :
- Tu as pas l’air tellement traumatisée…
Je grimaçai en haussant légèrement les épaules :
- Je ne vais pas pleurer et m’apitoyer sur mon sort pendant 15 ans. J’ai pleuré pendant, j’ai pleuré hier sur Edward et maintenant j’essai d’oublier.
- Mais… pourquoi tu es venue au travail ?
- Je viens de te le dire, j’essaie d’oublier. Le boulot c’est efficace pour ça…
- Gypsie…
Laz se décida enfin à franchir la distance qui nous séparait et me serra dans ses bras. Je humai son odeur à plein poumons en m’accrochant à lui.
- Pardonne moi, Gy… Je ne savais pas… Quand je t’ai cherchée, j’ai juste vu un mec qui m’a dit que tu étais partie…
- C’était surement lui. Je suis allée au toilette et je pense qu’il m’a suivit. Si tu m’as cherché pile à ce moment là, ce n’était pas bien compliqué pour lui de te mener en bateau…
Sa grande main rassurante me caressa les cheveux. Cette fois, mon cher Laz était de retour.
- Viens, on sera mieux dans mon bureau…



















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